07 juin 2007

Seuls ceux qui croient en leurs rêves les réalisent

François Bayrou, et si c’était vrai...

Par sa nouvelle démarche et sa conquête obstinée et, dorénavant, exclusive, de l’Elysée, François Bayrou se ferait hara kiri. Mais, au fait, pourquoi serait-il condamné à échouer? Pourquoi cette certitude si partagée qu’il signe sa propre fin politique? D’autant que c’est oublier une donnée essentielle: il est à l’unisson avec les jeunes générations. Au lieu de la fin annoncée, cela pourrait être, au contraire, un nouveau départ.

Lire la suite de l'article de Stéphane Rossard sur Agoravox

19 avril 2007

Acrostiche reçu en cadeau à bercy

F i donc l'ambition, pour lui ce n'est pas çà.

R assembler les français, loin du vice et versa,

A vec au cœur la joie et son désir suprême

N iant la gloriole, il nous offre ce thème.

Ç a vibre un béarnais, ministre et député

O h combien généreux, plein de simplicité !

I l porte en lui l'espoir d'une France meilleure

S olidaire et moderne où tout n'est pas qu'un leurre

B risant enfin la chaîne où les mêmes vieux choix

A ttirent les français dont on trompe les voix,

Y eux fermés, suivons-le pour que la République

R edore son blason sans la moindre réplique.

O ubliant tout de ceux promettant le Pérou

U niment, citoyens, votez FRANCOIS BAYROU     

                                         Johanne Hauber-Bieth    

                                                   Poète au féminin

31 mars 2007

Bayrou, le politicien le plus allemand de France

(Traduction de l'article de Michael Mönninger paru dans le grand hebdomadaire allemand « Die Zeit »)

Francois Bayrou : l'extrémiste du centre. Dans la campagne électorale française, François Bayrou gagne des points contre les socialistes et la droite.  L’étonnement devant cet outsider est tellement grand que les Français s’expliquent son ascension en citant un conte arabe. Il était une fois quatre tailleurs dans une rue. Le premier accrocha une pancarte dans sa vitrine : « Le meilleur tailleur de la ville ». Le deuxième se nomma « Le meilleur tailleur de tout le pays », le troisième se voulut « Le meilleur tailleur du monde entier ». Mais c’est le dernier qui eut l’idée du slogan le plus convaincant : « Le meilleur tailleur de toute la rue ».

 C’est un « understatement » intelligent qui a fait de François Bayrou la surprise de la campagne électorale française pour l’élection présidentielle. Voici encore quelques semaines, ce fils d’agriculteur de 55 ans, originaire des Pyrénées, passait pour un type rasoir dont la campagne rustique était seulement capable de remplir des bistrots de province. Parce que le président de l’UDF, petit parti chrétien-démocrate fondé jadis par Giscard d’Estaing, voyageait toujours en train, beaucoup le prenaient pour le ministre des transports. Et une blague circulait : pourquoi faut-il que les gens composant l’auditoire de Bayrou éteignent leurs téléphones portables ? Pour que la sonnerie ne réveille personne.

 Avec ses grandes mains et ses grandes oreilles, ce catholique convaincu pourrait passer pour un Don Camillo mondain. Mais c’en est désormais fini des moqueries, depuis que Bayrou, qui n’avait obtenu que 6, 8 % des voix lors des élections de 2002, atteint dans les sondages des pourcentages similaires à ceux des favoris. Fatigués de l’alternative contrainte et forcée entre la socialiste Ségolène Royal et son concurrent de droite, Nicolas Sarkozy, les Français se précipitent désormais par milliers à ses réunions. Et ils se demandent bien pourquoi ils ne l’ont pas écouté plus tôt.  

Maintenant, Bayrou remplit des salles immenses, et pourtant, il continue à se rendre sur la scène en arrivant par le fond, se frayant ainsi un passage à travers le public – ce qui, dans la cohue, dure souvent une bonne demi-heure, étant donné qu’il n’a pas les moyens d’une protection rapprochée. Au pupitre, il n’étale pas ses fiches, mais parle librement  pendant une heure et demie. Contrairement aux autres candidats favoris, il ne dispose pas de fines plumes bien payées, qui pourraient lui écrire des formules pleines d’emphase dans des discours manuscrits. Au lieu de cela, il soigne dans ses discours un style narratif et fait profiter l’auditoire des bienfaits rares d’une langue sobre et dépourvue d’hystérie. Certains le considèrent comme le politicien le plus allemand de France.

Face à l ‘exhibitionnisme de Sarkozy et au narcissisme de Royal, Bayrou apparaît véritablement comme le meilleur artisan sur la voie française des réformes. Bayrou parle calmement de la nécessité du vote à la proportionnelle et du devoir de présence des députés. Les gens l’écoutent, parce qu’ils sentent qu’ils ont suffisamment longtemps tenté les changements de personnes, mais que le temps est venu dorénavant de procéder à un assainissement de fond des institutions.   Depuis des décennies, les Français forment un peuple uni dans le vote protestataire, qui punit de la sorte chaque gouvernement et qui, n’ayant aucun moyen d’intervenir dans la vie politique, pratique la résistance extra-parlementaire. Cela fait longtemps que leur colère ne se dirige plus seulement contre les failles du paysage économique et sociale, mais également contre la déliquescence de la morale politique. Au lieu de l’alternative horizontale entre les partis de gauche et ceux de droite, ils se mettent depuis peu à demander ce qu’il advient de la cohérence verticale entre les candidats et les projets. Dans la gauche, ils voient ce qu’ils désirent, dans la droite, ce qui est faisable – et au centre, il espèrent en Bayrou, qui ne mise ni sur le Léviathan étatique ni sur la pensée du profit, mais qui entend construire une forme d’atelier de réformes social-démocrate. Ce n’est pas un hasard si Jacques Delors lui sert de modèle.   Aussi surprenant que cela puisse paraître, Bayrou, qui  a pour hobby l’élevage de chevaux, a longtemps été considéré comme un opportuniste. Il est passé inaperçu comme ministre de l’éducation dans des gouvernements conservateurs et a été brièvement un partenaire junior des Gaullistes. Cependant, il y a longtemps qu’il  s’est émancipé. Il agit comme chef d’opposition contre son propre camp dirigeant, ne se laisse appâter par aucune fonction ministérielle et s’est associé récemment à un vote de censure contre le Premier ministre. Pourtant, le projet de Bayrou qui consiste à faire de son petit parti un pivot de la Grande Coalition , contient quelque chose de naïf – comme si le parti FDP allemand cherchait à obtenir le pouvoir de gouverner pour contraindre les partis populaires a s’épauler. 

 De Gaulle, c’est du passé – en avant vers la VIe république

 Les opposants à Bayrou agitent déjà la faiblesse de la IVe République avant 1958 durant laquelle des gouvernements instables étaient régulièrement balayés. C’est de cela que le solide gouvernement du système présidentiel de De Gaulle s’était débarrassé. Mais voici que désormais, les batailles politiques se disputent en dehors des institutions. Et ce pluralisme réprimé fait apparaître des symptômes  détestables : comme cette année, il y a de nouveau douze candidats qui briguent le poste de Président, le risque est grand que l’on voie se répéter le scénario de 2002 et qu’une figure marginale de poids comme le candidat d’extrême droite, Le Pen, se retrouve au deuxième tour avec un avantage infime dans les scores.

 Par crainte de voir ce scénario se répéter, les Français prennent part à cette campagne électorale avec une passion jusque-là inégalée, s’inscrivent massivement sur les listes électorales et ne manquent aucune apparition des politiciens. Le mérite en revient en grande partie à Bayrou qui coupe l’herbe sous le pied aux extrémistes. Les spécialistes qui analysent cette élection lui reconnaissent déjà le mérite qui consiste, avec la méthode qui est la sienne, à savoir une méthode guidée par la raison, à orienter vers des voies républicaines les protestations des déçus et des interdits de parole et de droits.  Ce ne sera peut-être pas suffisant pour lui assurer la victoire, mais peut-être y gagnera-t-il du moins le mérite d’avoir ouvert la voie à une VIe République

30 mars 2007

Projet d'espoir

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11 mars 2007

Petit Bayrou est devenu grand

A quoi voit-on la différence entre un candidat à 6 % et le même à 24 % quelques semaines plus tard ? Au nombre de caméras et d'appareils photo qui l'entourent et de micros qui lui sont tendus. Le suivi de François Bayrou, candidat de l'UDF, par les médias a ainsi épousé une courbe quasi parallèle à celle que dessinent les intentions de vote en sa faveur, depuis l'annonce officielle de sa candidature, le 2 décembre 2006.

Ce jour-là, le Ciel avait semblé, déjà, lui ménager ses faveurs. Pour se déclarer candidat à la présidence de la République, le président de l'UDF avait choisi non seulement de le faire depuis le village de Serres-Castet (Pyrénées-Atlantiques), dans son Béarn natal, mais, qui plus est, en plein air, sur la place de la mairie. Faire "descendre" de Paris, un samedi, une escouade de journalistes et d'opérateurs, au risque de devoir les diriger vers un endroit couvert en cas de mauvais temps, le pari était osé. Résultat : cette image qui est restée, sur fond de chaîne pyrénéenne, où le candidat déclaré, entouré de sa famille politique et de ses amis, assume fièrement ses racines rurales.

Il serait faux d'imaginer que les premiers pas du candidat centriste en campagne se sont faits dans l'indifférence générale. Mais il est vrai qu'on ne s'y bousculait pas. Pour son premier déplacement en tant que candidat déclaré, les 13 et 14 décembre dans l'agglomération lilloise, deux monospaces suffisent, sur place, à transférer les envoyés spéciaux de la presse nationale. A Toulouse, le 5 mars, un car et un minibus avaient été réquisitionnés.

Boycotté par les médias, François Bayrou ? Non. Mais, incontestablement, l'ensemble du système médiatique s'était installé dans une configuration de duel Royal-Sarkozy. Le Monde n'y a pas échappé. Quand le conseil national de l'UDF approuve son avant-projet législatif, mi-novembre, pas une ligne dans le quotidien du lendemain, qui a consacré en revanche un long papier aux propositions que l'UMP doit adopter trois jours plus tard, avant d'y revenir le lendemain sous la forme d'une page "Document". Un traitement à double vitesse qui a suffi à installer l'idée que le candidat centriste n'avait rien à proposer. Aujourd'hui, avec la montée en puissance de sa campagne et l'écho qu'elle rencontre, changement de pied : il faut analyser le "réalisme" de ses propositions. Il avait donc des propositions !

Cette nouvelle notoriété est aussi, pour l'équipe du candidat, un élément à gérer. Non seulement parce qu'il lui faut faire en sorte que chacun des professionnels de la presse écrite ou audiovisuelle, régionale, nationale et internationale, puisse travailler dans des conditions correctes, mais parce qu'il lui faut aussi veiller à ce que le candidat ne soit pas submergé.

Un des épisodes les plus délicats à cet égard fut la visite dans la cité du Val-Fourré, à Mantes-la-Jolie (Yvelines), le 9 février. Pour ce déplacement, des dizaines de journalistes, preneurs de son et d'images avaient pris place dans le RER. A l'étage supérieur de la voiture où est monté le candidat, photographes et cameramen se bousculent pour faire des images. Dans le sas inférieur, Marielle de Sarnez, la directrice de campagne, pressent les difficultés. Avec Philippe Lapousterle , un ancien journaliste devenu le sparring partner de François Bayrou, elle s'inquiète de la manière d'organiser un roulement, sur place, pour que cela ne tourne pas à l'émeute.

Et tout se passera sans le moindre incident. Sans service d'ordre, sans dispositif policier autour du candidat. A l'arrivée en gare de Mantes-la-Jolie, c'est François Bayrou lui-même qui met bon ordre à la bousculade. "Essayez de vous comporter de manière civilisée, lance-t-il à la nuée de reporters qui se presse autour de lui. Ce n'est pas la peine de bousculer tout le monde..."

Depuis le début de sa campagne, le candidat centriste a pris grand soin de consacrer tout le temps nécessaire à la presse régionale. Même avec l'afflux récent de journalistes de la presse nationale ou internationale, il ne modifie en rien cette disponibilité. Tout au long d'une visite d'une demi-journée sur le terrain, ce sont des dizaines d'arrêts informels pour répondre aux journalistes. Auxquels s'ajoute, invariablement, un point presse pour faire un premier bilan avant le meeting du soir. Là, c'est lui encore, la plupart du temps, qui en organise le déroulement : "On commence par la presse écrite. On fera après les radios et les télévisions..."

François Bayrou avait réalisé un coup d'éclat, à la fin de l'été, en s'en prenant à la proximité, et même "l'intimité", le mélange des intérêts entre quelques grandes puissances industrielles dépendant des marchés de l'Etat et les empires de presse, en appelant à la séparation des pouvoirs politique, économique et médiatique. Cette charge violente, doublée d'une fameuse passe d'armes avec Claire Chazal lors d'un journal de 20 heures au sein même de la citadelle TF 1, aurait pu suffire à ranger le candidat de l'UDF dans la catégorie des "grognards" dont les médias se méfient. Il se distingue, au contraire, avec les professionnels qui le suivent dans sa campagne, par une disponibilité de tous les instants.

C'est peut-être tout ce qui fait la différence entre le candidat Bayrou et Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal. Là où les autres imposent une stricte organisation, soucieux d'offrir d'eux-mêmes l'image la plus avantageuse, lui s'en remet à la responsabilité des journalistes, laissant à chacun le maximum de liberté dès l'instant qu'on lui laisse la sienne, n'hésitant pas à remettre en place quand la façon dont se passent les choses ne lui paraît "pas convenable", le tout dans un esprit un peu boy-scout, bazar organisé, mais qui finalement se déroule sans heurts et satisfait tout à la fois les professionnels de la presse et les citoyens à la rencontre desquels François Bayrou prend un évident plaisir et le temps d'aller.

Les seuls qui fulminent sont les membres de son équipe, qui voient les retards sur les horaires prévus s'accumuler et sont obligés, en permanence, d'adapter l'organisation de ses déplacements.

 

Patrick Roger

 

Article paru dans l'édition du Monde du 11.03.07

 

10 mars 2007

François Bayrou accède au statut de grand candidat

Accompagnant l'engouement autour de sa campagne, François Bayrou enregistre une nouvelle poussée dans les sondages. Il gagne 7 points, à 24 %, par rapport à une enquête du 28 février, selon un sondage CSA pour Le Parisien et i-télé réalisé, mercredi 7 mars, auprès de 917 personnes. Il talonne Ségolène Royal (25 %, - 4) et Nicolas Sarkozy (26 %, - 3).

Ce retournement ébranle les deux candidats donnés jusqu'alors comme devant former le second tour obligé. "Ce que nous redoutions arrive plus vite que prévu, observe un des experts "opinion" de l'UMP : le moment où les courbes vont se croiser entre Royal et Bayrou." Le décrochage simultané de M. Sarkozy n'avait pas été anticipé, même si les experts de l'UMP reconnaissaient une surévaluation de leur candidat.

Un sondage BVA réalisé les 5 et 6 mars auprès de 853 personnes pour la presse quotidienne régionale accorde à M. Bayrou une progression de 4 points, à 21 %, alors que Mme Royal obtiendrait 24 % (- 1) et M. Sarkozy 29 % (- 2). En dépit des pressions de leurs principaux commanditaires, les instituts commencer à tester des seconds tours avec M. Bayrou. Selon BVA, il battrait M. Sarkozy par 55 % contre 45 %, alors que ce dernier l'emporterait par 53 % contre 47 % contre Mme Royal.

La seconde quinzaine de février aura marqué un tournant. Ce qui apparaissait comme une campagne bien menée a pris des allures de déferlante, comme en témoigne l'accueil réservé au candidat UDF dans des rencontres qu'il se plaît à prolonger, avec les habitants du Val-Fourré, à Mantes-la-Jolie (Yvelines), avec des salariés, des étudiants. L'affluence n'a cessé de grossir. Des salles comme l'UDF n'en avait jamais rempli. Une surprise pour un parti qui ne dispose pas de l'infrastructure militante et des moyens financiers de l'UMP et du PS. C'est un public venu en grande partie "pour voir" le candidat, se faire une idée, qui accourt.

Des salles combles du début février, réunissant entre 2 000 et 3 000 auditeurs, les meetings sont passés au stade, où les organisateurs ont dû refuser l'accès, pour des raisons de sécurité, à des centaines de personnes. "Il faut changer de jauge", s'exclamait une responsable de l'UDF, au soir du meeting de Caen, le 1er mars. Une partie du public rebroussait chemin faute de places. En urgence, le grand hall du Parc des expositions de Toulouse a été loué pour accueillir, lundi 5 mars, plus de 6 000 personnes, parmi lesquelles des jeunes en grand nombre.

La difficulté est de faire face à ce succès grandissant. Comment répondre aux sollicitations ? Comment passer à une capacité supérieure, "sans perdre en souplesse, en réactivité et, surtout, en gardant la même authenticité ?", résume la directrice de campagne, Marielle de Sarnez. La prochaine grande étape sera le meeting du 21 mars au Zénith à Paris. Une première dans l'histoire du parti centriste. Ce n'est que fin février que la décision en a été prise. Ce qui aurait paru insensé il y a un mois apparaît désormais naturel.

Il a aussi fallu renforcer les effectifs. Pour répondre à la presse, l'équipe de Marie-Amélie Marq, entourée de deux collaboratrices et de deux stagiaires, s'est étoffée pour passer à onze personnes, alors que la presse étrangère a commencé à affluer en février. A Bordeaux, le 7 février, la première équipe de télévision japonaise, NHK, a suivi M. Bayrou. "Nous avons près d'une centaine de demandes en attente", confie Mme Marq.

Sur le site bayrou.fr, 1 500 courriels arrivent chaque jour, et une équipe renforcée tourne en permanence pour leur répondre. Au siège de l'UDF, les services tournent sept jours sur sept, de 8 heures à 23 heures. Ceux qui ont été appelés en renfort ne sont pas nécessairement encartés. "Mais ce sont des gens qui ont envie de s'investir, opérationnels, qui ne rechignent pas à la tâche. Tout a été multiplié. On change d'ordre de grandeur sans changer d'état d'esprit", précise la responsable presse.

Quant à M. Bayrou, il a été obligé à changer de mode de transport. L'avion a remplacé le train. Même si le tracteur s'est imposé comme l'emblème de sa campagne. Patrick Roger Article paru dans l'édition du 09.03.07

07 mars 2007

Bayrou progresse toujours en terme d'image

PARIS (Reuters) - François Bayrou poursuit sa progression en terme d'image et de popularité, selon le tableau de bord politique établi par l'Ifop pour l'hebdomadaire Paris Match à paraître jeudi.

Au classement des personnalités, le candidat centriste conserve la troisième place et obtient 75% de bonnes opinions, huit points de plus que dans l'enquête précédente.

En deux mois, le président de l'UDF a gagné 15 points, précise l'Ifop, et devance Nicolas Sarkozy de 17 points et Ségolène Royal de 20 points.

La popularité de François Bayrou progresse tant à gauche (71% de bonnes opinions, +7 points) qu'à droite (79% d'avis positifs, +9 points). Nicolas Sarkozy (58%) et Ségolène Royal (55%) ne figurent plus parmi les dix premiers.

Au chapitre des duels de personnalités, le candidat de l'UDF l'emporte tant face à Ségolène Royal (57%) qu'à Nicolas Sarkozy (59%). En février la présidente de la région Poitou-Charente l'emportait avec 51% contre 47%.

Dans le duel entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, cette dernière l'emporte de justesse avec 49% contre 48%, exactement l'inverse de la situation du mois précédent.

Quant à la cote de popularité de Jacques Chirac, elle progresse pour le cinquième mois consécutif avec 47% de bonnes opinions (+1 point), "la fin du mandat présidentiel et la perspective d'une probable retraite aidant", estime l'Ifop.

Dominique de Villepin enregistre en revanche une détérioration de sa cote d'approbation, seuls 37% des Français approuvant son action, soit une baisse de quatre points.

Cette étude a été réalisée par l'Ifop les 1er et 2 mars auprès de 1.006 personnes âgées de 18 ans et plus interrogées par téléphone à leur domicile.

Dépèche REUTERS du 6 mars 2007

19 février 2007

Au 2nd tour, Bayrou gagne face à Sarkozy ou Royal (fil REUTERS)

PARIS (Reuters) - S'il était présent au second tour, François Bayrou remporterait l'élection présidentielle qu'il soit opposé à Nicolas Sarkozy ou à Ségolène Royal, selon un sondage Ifop pour LCI et Fiducial publié lundi.

D'après cette enquête menée du 13 au 15 février auprès de 956 personnes, le candidat de l'UDF recueillerait 52% des suffrages face à son rival de l'UMP et 54% contre la candidate socialiste.

En cas de duel Sarkozy-Royal, le candidat de l'UMP gagnerait l'élection avec 53%, en progression de deux points par rapport au même sondage effectué en janvier.

Au premier tour, Nicolas Sarkozy arrive en tête avec 32% des intentions de vote (-0,5 point par rapport à janvier), suivi par Ségolène Royal à 25,5% (-2,5), François Bayrou à 16% (+3,5) et Jean-Marie Le Pen 11% (stable).

Olivier Besancenot recueille 4% des intentions de vote (stable), Philippe de Villiers 2,5% (+0,5), Marie-George Buffet 2% (-1), Arlette Laguiller 2% (-1), José Bové 2% (pas de comparatif) et Dominique Voynet 1,5% (-1,5).

16 février 2007

Bayrou, vainqueur de la semaine

D’après l’étude Opinionway pour Le Figaro et LCI, François Bayrou est le candidat à l’élection présidentielle qui a le plus marqué la semaine passée. 

 Q : "sans penser au candidat qui a votre préférence, parmi les candidats suivants à l'élection présidentielle, dites moi lequel a selon vous marqué le plus de points au cours de la semaine passée ? "

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21 décembre 2006

Ecoute, respect, humilité : M. Bayrou cultive son "style"

Pour la deuxième étape de sa campagne pour l'élection présidentielle, le "laboureur" François Bayrou avait posé son soc, lundi 18 et mardi 19 décembre, dans l'agglomération lyonnaise.

Point d'orgue de sa visite, un dîner-débat réunissait un millier de personnes à l'hippodrome de Lyon-Bron. Au cours de ces deux jours a émergé un "style" Bayrou, fait d'écoute et de respect. D'humilité même.

"Social et humain" le qualifiait Djamila, médiatrice du rendez-vous avec les femmes qui fréquentent le hammam de Vaulx-en-Velin (Rhône), pour expliquer son engagement auprès du candidat centriste.

DÉFENDRE LES ENSEIGNANTS

Pendant plus de trois heures, le président de l'UDF s'est assis sur une banquette au côté de cette quinzaine de femmes de tous âges, attentif, étonné parfois, comme lorsque cette mère de famille musulmane confie avoir préféré mettre ses enfants dans un collège privé catholique de Lyon plutôt que de les laisser dans un des collèges publics de Vaulx-en-Velin, où "la situation est catastrophique".

De l'éducation, de l'enseignement, il aura beaucoup été question tout au long de ces deux jours. L'ancien ministre de l'éducation nationale en fait la principale illustration du besoin de "rééquilibrer l'Etat". "L'Etat, ne cesse-t-il de répéter, est omniprésent là où ça va bien et il est absent là où ça va mal."

Il s'érige également en défenseur des enseignants, qu'"il est de bon ton, à droite comme à gauche, de prendre pour cibles", déplore-t-il. "J'ai bien l'intention de les défendre, non pas par opportunisme politique, mais par conviction", annonce M. Bayrou, prompt à tirer parti du trouble qu'ont pu jeter dans le corps enseignant les propos tenus par Ségolène Royal sur les horaires des professeurs de collège.

De la rencontre avec ces femmes de Vaulx-en-Velin, le candidat aura aussi retenu "une formidable leçon d'intelligence, d'optimisme et de vitalité". Et cette interrogation, cette incompréhension. "Pourquoi, demande Ouassila, parle-t-on tout le temps d'un tel ou une telle d'origine maghrébine ? Je suis née française, je suis française, point barre ! Quand j'entends dire : 'Ces gens-là, ils ne veulent pas s'intégrer', mais qu'est-ce que ça veut dire ? Il faut que j'apprenne à marcher sur la tête pour être intégrée ?"

"ON EST FRANÇAIS, POINT. A ÉGALITÉ DE DROITS"
 
La République ne peut pas accepter les discriminations,
plaide M. Bayrou. Mais il faut aussi que les responsables montrent l'exemple, que, dans leur façon de parler, ils montrent que la France respecte tout le monde. Je suis contre les discriminations positives. On est français, point. A égalité de droits." Et une pierre dans le jardin de Nicolas Sarkozy.

Autre temps fort de ce séjour : la visite qu'a effectuée M. Bayrou, lundi soir, au foyer Notre-Dame-des Sans-Abri. Une des plus grosses structures d'hébergement de sans-domicile-fixe en France, offrant cent quatre-vingt-huit places d'accueil et suivant plus de cinq cents "passagers".

Là, le candidat a d'abord mesuré la réalité de l'exclusion. Et il a écouté, longuement, les responsables du foyer décrire toute la complexité du travail d'insertion, toute la difficulté à parvenir à ce qu'un être humain reste debout. Ebranlé, M. Bayrou prend note. Entend les critiques. S'empare à son tour du thème de "la bataille pour les plus pauvres".

Durant les deux prochains mois, le président de l'UDF devrait poursuivre sa campagne de "labourage" sur le même mode. Loin de la "grosse armada" déployée par le ministre de l'intérieur et futur candidat soutenu par l'UMP.

Avec des moyens également bien plus limités. Michel Mercier, le trésorier de la campagne, indique un budget de l'ordre de 8 millions d'euros.

Patrick Roger

Article paru dans l'édition du Monde 21.12.06

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