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11 novembre 2010

Un débat public pour une intercommunalité pertinente dans la boucle nord

Le sujet de l’intercommunalité de la boucle nord des Hauts-de-Seine est une question de cadre de vie et de vivre ensemble dans un contexte urbain ou les limites des villes ressemblent plutôt à des limites d’arrondissements parisiens. Pour moi, il y a dans la boucle nord une nécessité « naturelle » de l’intercommunalité.

Densité IAU sans légende rognée.pngJ’ai identifié dans un article précédent sur ce blog, les critères essentiels d’une délimitation de communauté d’agglomération : la cohérence géographique et la nécessité de projet.

Le méandre de la Seine et la densité de population définissent un bassin de population, mis en évidence dans cet autre article sur le site du Nouveau Centre à Asnières-sur-Seine. Cet espace rassemblent les communes de Villeneuve-La Garenne, Gennevilliers, Colombes, Bois-Colombes, La Garenne-Colombes, Courbevoie et Asnières.

Habituellement, d’autres critères « secondaires » sont pris en compte dans les démarches intercommunales : la sociologie des communes, les contingences électorales, l’actualité politique, les besoins et les ressources à partager ou à tenter de garder pour soi et les ambitions personnelles. Et c’est là que le bât blesse !

Après les municipales 2008, les maires de Clichy et Colombes saisissant  l’opportunité de la victoire du PS aux élections municipales à Colombes et à Asnières ont initié une démarche d’intercommunalité rassemblant d’abord des commune « à gauche » : Clichy, Colombes, Asnières, Gennevilliers et Saint-Ouen (93). Bois-Colombes participe à cette démarche ; Villeneuve-La Garenne se tient à l’écart.

Les discussions entamées depuis deux ans sont plus ou moins portées à la connaissance des habitants des villes concernées. Au mieux à Gennevilliers qui fait un réel effort de communication auprès de la population, au pire à Asnières ou le sujet politiquement sensible semble tabou (relire Le dossier chaud de l’interco). Le silence sur son blog d’élu du maire adjoint MoDem, délégué à l’intercommunalité et partisan résolu du projet, illustre l’embarras de la majorité ou du MoDem.

Villeneuve-La Garenne ne voudrait pas participer à cette intercommunalité « de gauche » et Gennevilliers ne voudrait pas être dans une intercommunalité sans Villeneuve-La Garenne. Les deux villes pourraient s’engager dans une intercommunalité minimale « à deux » tout au nord de la boucle.

Plus au sud, Courbevoie et La Garenne-Colombes regardent vers la Défense, comme Nanterre, Rueil et Suresnes. Mais Puteaux qui vient de s’engager avec Courbevoie dans une intercommunalité « à deux »ne manifesterait pas l’envie d’aller beaucoup plus loin.

Les communes de la boucle nord ne sont pas prêtes à appréhender sereinement une grande intercommunalité. Il y a bien sûr en cause une frilosité historique des villes, mais l’initiative tactique et politicienne de l’axe Clichy-Asnières-Colombes interdit d’autres démarches, sincères et plus intéressantes pour les habitants. Par ailleurs, le fait que Courbevoie tourne le dos à sa voisine du Nord est très mal ressenti à Asnières.

Une forme de discussion plus ouverte, générale plutôt que multilatérale est nécessaire. Ce n'est qu'avec la bonne information des citoyens qu'on peut s’élever au-dessus des intérêts politiques immédiats et imaginer de vraies solutions. C'est bien l'esprit du "débat public". 


02:41 Publié dans A la une, dans le 92..., Intercommunalité | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook

Commentaires

Merci pour votre article très instructif. Nous l'avons relayé sur le blog de notre association citoyenne: http://acqso.typepad.fr/acqso/2010/11/intercommunalit%C3%A9-saint-ouen-boucle-les-citoyens-.html

Écrit par : Association ACQSO | 06 décembre 2010

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