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12 novembre 2007

Au nom du Tiers Etat

« C’est un peuple qu’ils croient sans importance, presque un peuple en trop, un peuple gênant. Ainsi le vivent les politiques et le considèrent les puissants. » Ces mots forts qui , à l’aube de la dernière campagne présidentielle, constituait le début de la préface de l’ouvrage de François Bayrou « Au nom du Tiers Etat », étaient émis à l’encontre des deux principaux partis politiques français qui monopolisent le pouvoir depuis plus de 25 ans et à l’encontre des puissances médiatiques qui favorisent le jeu du pouvoir politique. Ces mots déterminés voulaient pourfendre à juste titre la concentration des pouvoirs par une caste d’élus et d’industriels fortunés et la réduction des citoyens à un Tiers Etat non écouté face à un pouvoir enfermé.

Ces mots de François Bayrou de l’automne 2007 sont aujourd’hui ceux des militants du MODEM qui craignent que la démocratie interne qui leur a été promise ne soit qu’un mirage. Ces militants n’accepteront pas que la démocratie que le MODEM aspire à installer en France ne soit pas expérimentée en interne. Face aux élus constituant une sorte de clergé et face à quelques cadres ayant le vent en poupe constituant une sorte de noblesse, tous ces petits, ces sans grade qui constituent le tiers Etat démocrate seront vigilants lors des semaines qui précèderont et suivront le Congrès Fondateur de la fin Novembre pour vérifier si les promesses seront tenues et cette vigilance n’a fait que s’amplifier depuis le printemps passé.

Depuis sa création en mai dernier, le Mouvement Démocrate connaît des soubresauts faits de péchés de jeunesse, de relents de mauvaises habitudes, d’espoirs naissants, d’ambitions personnelles trop acérées, de promesses alléchantes et d’aventures collectives enivrantes. Ce cocktail explosif doit être canalisé afin de déboucher sur la mise au point d’une organisation qui satisfasse le plus grand nombre et qui ne soit pas simplement une organisation au service de quelques élus et quelques cadres du partis.

Cet enjeu est pour beaucoup de militants l’enjeu majeur du Congrès. Comme tous les partis qui souhaitent avoir un fonctionnement démocratique, le MODEM se trouve au carrefour de deux ondes contradictoires à savoir l’onde de la démocratie représentative qui veut que les décisions soient prises par les instances, les cadres et les élus et qu’elles s’imposent aux militants et l’onde de la démocratie participative qui veut que les militants imposent leurs souhaits aux instances, cadres et élus.

La première onde caractérisait le fonctionnement de l’UDF et il est souhaitable que le MODEM ne perpétue pas cette habitude sous peine de voir partir beaucoup de nouveaux militants. La deuxième onde, apanage de nombreux jeunes militants, fait trop abstraction de réalités politiques incontournables et peut mener à l’enlisement. C’est pourquoi un juste équilibre est à construire entre ces deux ondes par le biais de l’écriture de statuts pertinents assortis de régles comportementales validées par tous inscrites dans la charte éthique et la charte des valeurs communes.

Cette expérience originale peut faire sourire. Elle traduit pourtant une volonté de répondre à une aspiration exprimée dans les urnes : donner d’avantage la parole aux citoyens et retrouver le sens de la politique comme réflexion sur l’organisation de la vie de la cité et non plus comme art de conquérir et de conserver le pouvoir.

Que vous soyez ou non membre du MODEM, je vous invite à suivre l’évolution de cette expérience qui révèle une possibilité de saine évolution de la vie démocratique.

Etienne Béranger

MoDem Issy les Moulineaux

Membre de Réflexions 92

 

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