18 décembre 2011

Le Grand Paris de 1790 : utopie et anachronisme ?

En 1790, à la veille d’une urbanisation exponentielle, bien avant l'invention des villes nouvelles et les lois sur l'intercommunalité, une carte des territoires autour de la capitale préfigure une organisation multipolaire du Grand Paris.

Dans la bloucle de la Seine qui dessine aujourd'hui le département des Hauts-de-Seine au nord, un premier territoire associe les villages de Courbevoie, Asnières, Gennevilliers et Colombes; un autre rassemble Puteaux, Suresnes et Nanterre...

Rive droite, Neuilly, Clichy, Montmartre et La Chapelle sont réunis dans la plaine au nord des faubourgs parisiens.

environs_paris_1790.jpg

Les environs de Paris à trois lieux à la ronde. Carte du département de la capitale suivant le décret de l'Assemblée nationale du 15 janvier 1790.


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13 décembre 2011

L’intercommunalité par les nuls

Ville de Colombes  INTERCOMMUNALITÉ - Zoom rogné.pngA Asnières, Bois-Colombes, Colombes et Gennevilliers, le projet d’intercommunalité va bon train… Avancé dans l’ombre depuis les élections municipales de mars 2008 qui ont vu la défaite des maires UMP de Colombes et d’Asnières battus par les candidats PS, Philippe Sarre et Sébastien Pietrasanta, le dessein d’une grande intercommunalité rassemblant des villes de gauches autour de la boucle de la Seine éclaire les négociations en cours. A l’heure ou les quatre villes proposent (enfin ?) aux citoyens de prendre la parole

A quelle intercommunalité sommes-nous donc promis ?

Interco de gauche au nord de Paris.pngLa volonté affichée par les partis politiques de créer une communauté d’agglomération durablement ancrée à gauche dans le nord des Hauts-de-Seine, appuyée par les déclarations des maires de Colombes, d’Asnières et par celle du porte-parole EELV 92, permet de dessiner le projet politique initial. Aux quatre villes avant-coureuses, on ajoutera pour compléter la carte, les villes de la rive droite : Clichy, Saint-Ouen, Argenteuil et Bezons. Suivant les déclarations, le périmètre à l’intérieur de la boucle aurait pu s’élargir à Nanterre (PC) ou exclure Bois-Colombes (UMP) !

La réalisation de cette ambition a connu un premier élan avec la mission d’assistance confiée à MAZARS dans le cadre d’un projet intercommunal à six : Asnières, Bois-Colombes, Colombes, Gennevilliers, Clichy et Saint-Ouen. Cette mission n’a rendu aucune étude préalable sur la pertinence du périmètre ainsi établi ! Et pour cause, le rapprochement projeté ne correspondait ni à l’unité urbaine, ni à un gisement économique avéré, ni à un quelconque projet de développement.

Schéma 92 interco 110427.pngDepuis, le Schéma Départemental de Coopération Intercommunal (SDCI) établi par le préfet a retenu un territoire incomplet mais plus proche de l’évidence qui réunit Asnières, Bois-Colombes, Colombes, Gennevilliers et Villeneuve-La Garenne. Malheureusement, La Garenne-Colombes et Courbevoie en sont exclues. Le projet de SDCI rappelle par ailleurs que Paris et la petite couronne sont par dérogation écartées de l’obligation de couverture intégrale du territoire par des EPCI (ici Communautés d’Agglomérations).

Nos villes avant-coureuses veulent boucler une communauté d’agglomération avant juin 2013, avec ou sans Villeneuve-La Garenne. Pourquoi et comment ? Il s’agit pour leurs maires de mener à bien leur entreprise politique avant les prochaines élections municipales, d’éviter que l’intercommunalité ne s’invite dans leurs campagnes électorales, d’escamoter la discussion. A dix-huit mois de l’échéance, le vrai-faux débat engagé avec les citoyens ne porte que sur les compétences qui sont obligatoirement transférées à une Communauté d’Agglomération.

Pas un mot sur le choix des autres compétences qui seront transférées, pas un mot sur le financement et la fiscalité intercommunale. Aucun projet d’intérêt intercommunal ne sera débattu (Schéma de COhérence Territoriale, Plan Local de Déplacement, Contrat de Développement Territorial…) Il est vrai que lors du débat sur le réseau de transport du Grand Paris, Philippe Sarre s’était opposé aux maires des trois autres villes sur le tracé du super métro (sic) ! Nos avant-coureuses ne sont hélas pas des têtes chercheuses ; ce sont des gribouilles.

Niveau zéro de la concertation et pauvreté absolue du projet, la mise en place d’une coopération intercommunale permanente mérite mieux que cela.

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